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	<title>Hors-piste &#187; BD/mangas</title>
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	<description>La culture comme elle vient</description>
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		<title>Jirô Taniguchi &#8211; Un ciel radieux (2006, Casterman)</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 11:12:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chirimoya</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD/mangas]]></category>

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		<description><![CDATA[Aaaah, Taniguchi. L&#8217;un des meilleurs, le meilleur mangaka contemporain. Un beau dessin réaliste &#8211; on pourrait d&#8217;ailleurs déplorer son manque d&#8217;originalité &#8211; au service d&#8217;histoires systématiquement bien construites et tout aussi systématiquement touchante et émouvantes. Je viens de relire &#171;&#160;Un ciel radieux&#160;&#187;, une de ses dernières publications. Un homme de 40 ans; Kazuhiro Kubota, percute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aaaah, Taniguchi. L&#8217;un des meilleurs, le meilleur mangaka contemporain. Un beau dessin réaliste &#8211; on pourrait d&#8217;ailleurs déplorer son manque d&#8217;originalité &#8211; au service d&#8217;histoires systématiquement bien construites et tout aussi systématiquement touchante et émouvantes.</p>
<p>Je viens de relire &laquo;&nbsp;Un ciel radieux&nbsp;&raquo;, une de ses dernières publications. Un homme de 40 ans; Kazuhiro Kubota, percute un adolescent de 17 ans, Takuya, alors à moto. Les deux accidentés sont dans le coma. L&#8217;homme décède, l&#8217;adolescent vit. Du moins son corps&#8230; car la conscience de Kazuhiro prend place dans le corps de l&#8217;adolescent.</p>
<p><a href="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/cohabitationdesmes.jpg" class="imagelink" title="cohabitationdesmes.jpg"><img src="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/cohabitationdesmes.jpg" alt="cohabitationdesmes.jpg" width="400" /></a></p>
<p>A partir de là, Taniguchi déroule une histoire assez mélodramatique . Kazuhiro Kubota, une fois le corps de Takuya remis, cherche à revoir sa femme et sa petite-fille&#8230; et à leur faire accepter que c&#8217;est bien son âme dans le corps d&#8217;un autre. Il découvre la famille de celui qu&#8217;il a renversé, et dont il occupe le corps. Mais la conscience de Takuya réapparaît petit à petit, et pousse celle de Kazuhiro vers la sortie, ce après une période importante de cohabitation. Un peu comme dans le film &laquo;&nbsp;La personne aux deux personnes&nbsp;&raquo;, en pas raté.</p>
<p><b> &nbsp;&raquo;La thématique du suicide au travail, écho frappant à la morbide actualité française&nbsp;&raquo;</b><br />
L&#8217;histoire est à cheval entre le quotidien et le fantastique &laquo;&nbsp;crédible&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;envisageable&nbsp;&raquo;, et c&#8217;est sûrement ce qui lui donne sa force.</p>
<p>La thématique de la souffrance au travail, du suicide au travail apparaît au cours de l&#8217;histoire. Car Kazuhiro, épuisé et malade, poussé à bout par les exigences de rendement de sa société, a en fait eu un geste suicidaire en précipitant sa fourgonette sur un poteau de l&#8217;autre côté de la route. Percutant involontairement Takuya qui se trouvait là&#8230; Un écho fort à la morbide actualité française, est-il bien nécessaire de le préciser.</p>
<p><a href="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/cielradieuxsuicidetravail.jpg" class="imagelink" title="cielradieuxsuicidetravail.jpg"><img src="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/cielradieuxsuicidetravail.jpg" alt="cielradieuxsuicidetravail.jpg" width="400" /></a></p>
<p>C&#8217;est sur ce point peut-être que l&#8217;histoire perd un peu de vraisemblance&#8230; ou en fait un peu trop. A moins que ce ne soit le &laquo;&nbsp;cultural gap&nbsp;&raquo;. Mais on a un peu de mal à comprendre pourquoi Kazuhiro n&#8217;a pas quitté son travail alors qu&#8217;il avait une possibilité de changer d&#8217;entreprise et d&#8217;autres projets en cours&#8230; C&#8217;est une oeuvre aussi très accessible, presque commerciale, qui semble parfois pensée pour plaire à un public adolescent féminin. Mais je fais vraiment la fine bouche&#8230;</p>
<p>Tokyo Sonata, dans un genre différent, évoque la vie d&#8217;un père de famille après la perte de son emploi. Pas évident, au Japon plus qu&#8217;ailleurs, peut-être. Un ciel radieux ressemble à un scénario clé en main&#8230; pourquoi pas une adaptation en France, avec quelqu&#8217;un comme Lioret ?</p>
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		<title>Gen d&#8217;Hiroshima (Tomes 1 à 10, 2003/2007, Vertige Graphic)</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Apr 2010 20:18:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chirimoya</dc:creator>
				<category><![CDATA[BD/mangas]]></category>

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		<description><![CDATA[Une épopée humaniste Je suis en train de terminer la lecture de la série Gen D&#8217;Hiroshima, de Keiji Nakazawa. L&#8217;auteur, né à Hiroshima, raconte dans un récit inspiré de sa propre expérience, la vie de Gen et de sa famille. Avant la bombe, dans un Japon pourri par l&#8217;idéologie guerrière (tome 1). La chute de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/gendhiroshimatome1aprslabombe.jpg" class="imagelink" title="gendhiroshimatome1aprslabombe.jpg"><img src="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/gendhiroshimatome1aprslabombe.jpg" alt="gendhiroshimatome1aprslabombe.jpg" width="400" /></a></p>
<p><i><font face="helvetica" size="5">Une épopée humaniste </font></i><br />
Je suis en train de terminer la lecture de la série Gen D&#8217;Hiroshima, de Keiji Nakazawa. L&#8217;auteur, né à Hiroshima, raconte dans un récit inspiré de sa propre expérience, la vie de Gen et de sa famille. Avant la bombe, dans un Japon pourri par l&#8217;idéologie guerrière (tome 1). La chute de la bombe et les quelques jours d&#8217;apocalypse qui suivent (Fin du tome 1, tomes &#8230; ), et la vie lors des années suivantes, sous administration américaine, et alors que la bombe tue toujours (tomes &#8230; ), la découverte du dessin comme manière d&#8217;effectuer le travail de mémoire (Tomes 9/10).</p>
<p>Ce n&#8217;est pas pour sa qualité graphique hors du commun que cette série mérite d&#8217;être lue. Sans être un tâcheron non plus, Nakazawa fait le boulot, dans un style très influencé par Tezuka. Tout de même assez répétitif, marqué par quelques tics de représentation&#8230; mais attachant. On est loin de Miyazaki ou de Taniguchi. Quelque part, ce dessin assez &laquo;&nbsp;cartoon&nbsp;&raquo; atténue un peu l&#8217;horreur de ce qui est dessiné et décrit. La puissance de ce qui est raconté, la force du témoignage &#8211; sans m&#8217;y connaître du tout en matière de témoignage sur les bombes, si ce n&#8217;est un web-docu du Monde.fr il y a quelques années-, l&#8217;esprit de révolte systématique contre les injustices, la force de survie, et l&#8217;émotion, omniprésente, et la nécessité absolue du témoignage compensent sans peine les limites de la forme. Combien de fois les larmes me sont venues aux yeux, face à l&#8217;énergie et aux épreuves que traversent ce jeune adolescent, sa famille et ses amis ?</p>
<p><b>Un départ dans la vie un peu abrupt</b><br />
Mais pas de sensiblerie. C&#8217;est cru, tout ça, très cru. Ca aborde l&#8217;essentiel&#8230;<br />
Gen est jeté dans la vie adulte de manière un peu abrupte. La vie sans la bombe, c&#8217;était déjà pas la teuf. Le pays est exangue, ploie sous les restrictions. Son père est pacifiste, et lui et sa famille subissent les représailles d&#8217;une population fanatisée. La vie avec la bombe, c&#8217;est encore plus moyen. Après avoir vu sa soeur, son plus jeune frère et son père mourir dans sa maison en flamme, il essaye de survivre en compagnie de sa mère enceinte, sans nouvelles de son grand frère et d&#8217;un autre de ses frères. Gen part à la recherche de riz pour sa mère, et erre d&#8217;horreurs en horreurs&#8230; Un tome difficilement soutenable. Des cadavres partout, des vivants brûlés et infectés et couverts de vers&#8230; La perte des cheveux, les radiations&#8230; La jeune danseuse défigurée&#8230;</p>
<p>Amélie Poulain, à côté de Gen, c&#8217;est douceâtre &#8230; Déjà, Montmartre fin 20e comparé à Hiroshima post-WW2, bon, voilà, hein, on compare pas d&#8217;ailleurs. Gen, il casse des vitres pour donner du travail au livreur de vitre, sabote les véhicules américains pour donner du travail aux mécaniciens, se débrouille pour faire imprimer un livre racontant les horreurs de la bombe alors que l&#8217;administration américaine interdit tout témoignage&#8230;</p>
<p><b>&laquo;&nbsp;Des personnages durs et violents, par réaction à leur environnement&nbsp;&raquo; </b></p>
<p>Personne n&#8217;est épargné. Les Japonais, aveuglément fanatisés, honteusement raciste envers les Coréens, lancés dans une politique d&#8217;expansion absurde, puis souvent méprisants et sans compassion face aux victimes de la bombe, avec leur lot d&#8217;opportunistes sans scrupule&#8230; Les Yakuza et même les moines bouddhistes instrumentalisent les orphelins à des fins personnelles. Les américains distribuent des chewing-gums d&#8217;une main, de l&#8217;autre achètent des crânes souvenirs, récupèrent des cadavres japonais pour étudier les effets de la bombe, mènent une chasse au rouge (banal, ça, presque)&#8230;</p>
<p>Par opposition, Gen est pacifique, débrouillard, intelligent, sensible, plein de compassion, très bagarreur et violent, parfois, par nécessité&#8230; Mais c&#8217;est loin d&#8217;être &laquo;&nbsp;Gen le gentil vs the world. Souvent, les personnages sont durs et violents par réaction, pour survivre, leur réalité est complexe et traumatisante. Comme celle de Gen, finalement.<a href="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/gendhiroshimatome9larvlation.jpg" class="imagelink" title="gendhiroshimatome9larvlation.jpg"><img src="http://horspistes.unblog.fr/files/2010/04/gendhiroshimatome9larvlation.jpg" alt="gendhiroshimatome9larvlation.jpg" width="400" /></a></p>
<p>Finalement, ce sont les hommes dans toute leur stupéfiante complexité, dans leurs contradictions, leurs forces et leurs lâcheté, leurs instincts et leur intelligence, qui sont croqués lors de cette situation extrême.</p>
<p><b>&laquo;&nbsp;Se recomposent des solidarités de circonstances, mais fortes et sincères&nbsp;&raquo;</b><br />
Je me souviens que partiellement des tomes 2 / 4, je les ai lu il y a deux mois. La petite soeur de Gen naît, il se bat pour qu&#8217;elle survive. Il rencontre des &laquo;&nbsp;orphelins de la bombe&nbsp;&raquo;, dont certains deviendront ses proches, sa nouvelle famille. Il retrouve ses deux frères, construisent une nouvelle maison, qui sera rasée lors de la reconstruction de la ville&#8230; Premier contact avec le dessin pour Gen, à travers un peintre que sa famille rejette et que Gen soigne contre salaire. Beaucoup de morts, de souffrance&#8230; De combats durement gagnés, de cruels coups du destin.</p>
<p>Un des aspects qui traverse ces 10 tomes est celui de la famille, du besoin qu&#8217;on les survivants de retrouver ceux qu&#8217;ils ont perdu à travers ceux qu&#8217;il rencontre&#8230; Gen met presque un tome pour accepter que Ryuta n&#8217;est pas son petit frère, mais un jeune garçon du même âge. Les parents cherchent leurs enfants, les enfants leurs parents, et se recomposent des solidarités de circonstance, mais fortes et sincères, touchantes et troublantes.</p>
<p>Malgré la violence, la dureté, l&#8217;intensité du récit, lorsque j&#8217;avais les tomes à la suite -empruntés à mon adorée bibliothèque municipale-, je les ai dévoré sans m&#8217;arrêter, ou alors pour en parler.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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